Satellite OneWeb d’Eutelsat construit par Airbus

Eutelsat commande 229 satellites OneWeb à Airbus

Eutelsat accélère le renouvellement de sa constellation OneWeb. Le groupe franco-britannique a annoncé l’acquisition prévue de 229 satellites supplémentaires auprès d’Airbus Defence and Space, pour un investissement estimé à environ 1 milliard d’euros. Ils viendront s’ajouter aux 440 satellites déjà commandés à Airbus et porteront à 669 le nombre de nouveaux satellites OneWeb destinés à renouveler et renforcer la constellation.

L’annonce intervient alors que la concurrence s’intensifie dans les constellations en orbite basse. Starlink conserve une échelle très supérieure en nombre de satellites, mais Eutelsat mise sur un positionnement différent : gouvernements, entreprises, opérateurs télécoms, aviation, maritime et communications critiques plutôt qu’une offre Internet résidentielle vendue directement au grand public.

229 satellites OneWeb supplémentaires pour environ 1 milliard d’euros

Eutelsat a annoncé l’opération le 10 septembre 2026 lors du Sommet spatial international organisé à Paris. Le groupe a signé avec Airbus Defence and Space une autorisation de démarrage, ou Authorisation to Proceed, permettant de lancer les premières activités industrielles liées aux 229 satellites supplémentaires.

Cette nouvelle tranche vient compléter une commande existante de 440 satellites OneWeb. Au total, Airbus doit donc produire 669 nouveaux appareils destinés à renouveler progressivement la constellation actuellement en service.

Eutelsat estime l’investissement correspondant aux 229 satellites supplémentaires à environ 1 milliard d’euros. Le groupe indique que cette dépense reste compatible avec son cadre financier et ne modifie pas son programme d’investissement prévu jusqu’à l’exercice 2029.

Les satellites seront construits à Toulouse

Pour l’industrie spatiale française, la localisation de la production est particulièrement importante : les satellites seront fabriqués sur le site Airbus Defence and Space de Toulouse.

Cette chaîne produit déjà les appareils issus des commandes précédentes de OneWeb. Airbus explique que le maintien de la production sur le même site doit permettre une continuité industrielle et un rythme de livraison plus homogène.

Eutelsat prévoit de recevoir les premiers satellites de la commande actuelle de 440 exemplaires à partir du quatrième trimestre 2026. Les 229 supplémentaires doivent ensuite participer au renouvellement et à l’extension du réseau jusqu’en 2034.

Pourquoi OneWeb doit déjà renouveler sa constellation

Une constellation en orbite basse ne peut pas être considérée comme une infrastructure installée une fois pour toutes. Les satellites ont une durée de vie limitée et doivent progressivement être remplacés afin de maintenir le service et d’introduire de nouvelles technologies.

Eutelsat exploite actuellement une constellation OneWeb composée de plus de 600 satellites, répartis sur 12 plans orbitaux à environ 1 200 km d’altitude. Elle fournit une connexion à faible latence sur terre, en mer et dans les airs.

Les 669 nouveaux satellites commandés à Airbus ne signifient donc pas que 669 appareils vont simplement s’ajouter aux plus de 600 déjà en service. Une partie importante est destinée au renouvellement de la flotte existante, tandis que les nouveaux modèles apporteront également de la capacité et de nouvelles fonctions.

Des satellites plus flexibles que la première génération

Eutelsat annonce que les 229 satellites supplémentaires intégreront des canaliseurs numériques avancés. Ces équipements permettent d’améliorer le traitement du signal directement à bord et d’adapter plus efficacement les ressources du satellite aux besoins du réseau.

Ils seront également conçus pour accueillir des charges utiles hébergées. Un même satellite pourra ainsi transporter, en plus de sa mission principale de télécommunications, des équipements destinés à d’autres usages.

Cette capacité a déjà une application concrète : Eutelsat et l’entreprise allemande OroraTech ont annoncé en septembre 2026 un projet prévoyant l’installation de charges utiles infrarouges sur de futurs satellites OneWeb pour contribuer à la détection des incendies.

OneWeb est-il réellement un concurrent de Starlink ?

Oui sur certains marchés, mais pas de la même manière que dans l’Internet résidentiel. Starlink vend directement des kits et des abonnements aux particuliers dans de nombreux pays, notamment en France. OneWeb adopte essentiellement un modèle professionnel et institutionnel.

Eutelsat présente sa constellation LEO comme une infrastructure destinée notamment aux gouvernements, entreprises, opérateurs télécoms, transports, services maritimes et aviation. Ses terminaux professionnels sont conçus pour le backhaul mobile, les sites isolés, les communications gouvernementales ou les opérations critiques.

Il serait donc trompeur d’écrire que les 229 nouveaux satellites vont donner naissance à un « Starlink européen pour les particuliers ». Aujourd’hui, un foyer français ne commande pas simplement une antenne OneWeb et un abonnement mensuel comparable à un abonnement Starlink résidentiel.

La France utilise déjà OneWeb pour ses communications militaires

Le rôle de OneWeb dépasse d’ailleurs la concurrence commerciale avec Starlink. En juin 2026, Eutelsat a signé avec le ministère français des Armées le contrat CENTAURE, première mise en œuvre de l’accord-cadre NEXUS.

Le contrat prévoit notamment la fourniture de capacités OneWeb en orbite basse sur plusieurs zones d’intérêt stratégique, avec un engagement initial de 138 millions d’euros sur quatre ans et un plafond pouvant atteindre 350 millions d’euros sur une durée allant jusqu’à huit ans.

Pour la France, OneWeb est donc déjà utilisé comme une capacité satellitaire opérationnelle en attendant la montée en puissance de systèmes souverains européens plus larges.

Deux lancements Ariane 64 déjà prévus

Eutelsat a annoncé le même jour avoir sélectionné Arianespace pour deux futurs lancements dédiés à OneWeb.

Les missions sont prévues en 2027 et 2028 à bord d’Ariane 64, la version à quatre propulseurs d’appoint d’Ariane 6. Elles décolleront du Centre spatial guyanais.

Ces deux lancements doivent participer au renouvellement de la constellation et marquent également le retour d’une capacité de lancement européenne importante dans le programme OneWeb.

Un pont entre OneWeb et IRIS²

La commande doit également permettre à Eutelsat d’assurer la continuité du service jusqu’au déploiement commercial complet d’IRIS², la future infrastructure européenne de communications sécurisées par satellite.

Eutelsat occupe une place centrale dans ce programme via le consortium SpaceRISE. Le groupe doit notamment participer au segment en orbite basse et exploiter son expérience acquise avec OneWeb.

Airbus et Thales Alenia Space ont parallèlement reçu le feu vert pour commencer le développement d’une première couche d’au moins 66 satellites LEO IRIS², dont la livraison est prévue en 2029.

OneWeb et IRIS² ne sont toutefois pas la même constellation. Les nouveaux satellites OneWeb doivent maintenir et développer un réseau commercial déjà opérationnel, tandis qu’IRIS² constitue un programme européen distinct, avec des objectifs de souveraineté, de résilience et de communications gouvernementales sécurisées.

Une stratégie européenne différente de celle de Starlink

Starlink privilégie une constellation très nombreuse et un modèle couvrant aussi bien le grand public que les entreprises, la mobilité, le maritime et l’aviation. Eutelsat s’appuie de son côté sur une combinaison de satellites géostationnaires et de la constellation OneWeb en orbite basse.

Le groupe exploite actuellement 31 satellites géostationnaires en complément de ses plus de 600 satellites OneWeb. Cette architecture multi-orbites est notamment utilisée pour proposer de la redondance, des services professionnels et des communications sécurisées.

La différence d’échelle en nombre de satellites reste importante, mais compter uniquement les appareils ne suffit pas à comparer les deux réseaux : ils évoluent à des altitudes, avec des architectures et surtout des marchés cibles différents.

Ce que cette commande change réellement

La commande de 229 satellites supplémentaires montre surtout qu’Eutelsat ne considère pas OneWeb comme une constellation transitoire appelée à disparaître lors de l’arrivée d’IRIS².

Au contraire, le groupe prévoit de maintenir et renforcer le réseau jusqu’en 2034, tout en l’intégrant progressivement à une stratégie européenne plus large. Les nouveaux satellites doivent apporter davantage de capacité, plus de flexibilité à bord et la possibilité d’emporter des charges utiles supplémentaires.

Pour les particuliers français, cette annonce ne crée donc pas une nouvelle box satellite concurrente à commander immédiatement. Son importance est surtout industrielle et stratégique : Airbus produira à Toulouse une nouvelle vague de satellites LEO européens, Eutelsat sécurise la continuité de OneWeb et l’Europe prépare parallèlement IRIS².

Sources : Eutelsat, Airbus Defence and Space, Arianespace et Reuters. Informations vérifiées au 30 septembre 2026. L’opération concernant les 229 satellites a été engagée via une Authorisation to Proceed couvrant les premières activités industrielles.

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