Site d’information indépendant, non affilié à Starlink ni à SpaceX. Pour votre compte ou une panne, utilisez l’assistance officielle.
Illustration de la constellation européenne IRIS²

IRIS² passe au déploiement : 348 satellites européens

IRIS² passe désormais de la planification au déploiement industriel. L’Union européenne a confirmé une architecture renforcée de 348 satellites, tandis qu’Airbus et Thales Alenia Space viennent de commencer le développement d’une première couche d’au moins 66 satellites en orbite basse devant être livrés en 2029.

Cette constellation européenne est régulièrement présentée comme une réponse à Starlink. La comparaison est utile, mais elle doit être nuancée : IRIS² n’a pas été conçu uniquement pour vendre de l’Internet satellite aux particuliers. Sa mission prioritaire est de fournir à l’Europe une infrastructure de communications sécurisée et souveraine pour les gouvernements, la défense, les services de sécurité et les secours, tout en permettant parallèlement des services commerciaux.

IRIS² comptera désormais 348 satellites

L’architecture du programme a sensiblement évolué. Les premières présentations d’IRIS² évoquaient environ 290 satellites. Ce chiffre est désormais obsolète.

Le 7 août 2026, la Commission européenne et le consortium SpaceRISE ont conclu les négociations portant sur la nouvelle configuration technique, le financement et le calendrier du programme. La constellation principale doit désormais comprendre 348 satellites.

  • 330 satellites doivent évoluer en orbite terrestre basse, ou LEO ;
  • 18 satellites seront installés en orbite terrestre moyenne, ou MEO ;
  • des éléments supplémentaires optionnels pourront être ajoutés pour certaines missions spécifiques.

Cette architecture multi-orbite constitue une différence importante avec Starlink, dont l’infrastructure repose principalement sur une très grande constellation en orbite basse.

66 satellites supplémentaires pour renforcer la défense et la sécurité

La révision de 2026 ajoute notamment une couche de 66 satellites en orbite basse haute. La Commission européenne explique que cette capacité supplémentaire est destinée en priorité aux communications de défense, de sécurité et aux services d’urgence.

Selon les chiffres publiés par l’Union européenne, cette architecture renforcée doit accroître d’environ 60 % la capacité gouvernementale sécurisée dans l’Union européenne et de 54 % au niveau mondial.

Il s’agit de capacités projetées du futur système. Elles ne décrivent pas un service déjà opérationnel : IRIS² est encore en construction.

Airbus et Thales commencent le premier lot de satellites

Une nouvelle étape industrielle a été franchie le 10 septembre 2026. Airbus Defence and Space a annoncé avoir signé avec Eutelsat le contrat initial pour la conception et la construction de la première couche de satellites IRIS² en orbite basse.

Airbus et Thales Alenia Space sont chargés de cette première couche, composée d’au moins 66 satellites. Leur livraison est prévue en 2029.

Cette annonce est importante parce qu’IRIS² n’est donc plus seulement un programme dont l’architecture est discutée à Bruxelles : les premiers marchés industriels portant directement sur la construction des satellites ont commencé à être exécutés.

Les premiers lancements sont désormais prévus en 2029

Le calendrier a lui aussi été revu. La Commission européenne indique désormais que les premiers lancements doivent commencer à partir de 2029, avec un déploiement progressif des services de connectivité à partir de cette période.

Les premiers services européens souverains, sécurisés et accrédités doivent ensuite monter progressivement en puissance à partir de 2030.

Il ne faut donc pas comprendre « 2029 » comme la date à laquelle les 348 satellites seront simultanément opérationnels. La constellation sera déployée en plusieurs phases.

Qui construit et exploitera IRIS² ?

La Commission européenne a confié le développement, le déploiement et l’exploitation d’IRIS² au consortium SpaceRISE dans le cadre d’une concession de 12 ans.

SpaceRISE repose principalement sur trois grands opérateurs satellitaires européens :

  • SES ;
  • Eutelsat ;
  • Hispasat.

Le partage industriel reflète leur expérience respective. Eutelsat est notamment chargé du segment en orbite basse, où son expérience de la constellation OneWeb joue un rôle important. SES intervient particulièrement sur la couche en orbite moyenne, tandis qu’Hispasat est chargé d’une partie essentielle du segment terrestre gouvernemental.

Autour de ces opérateurs figurent Airbus Defence and Space, Thales Alenia Space, OHB, Telespazio, Deutsche Telekom, Orange, Hisdesat et Thales SIX, ainsi que de nombreuses autres entreprises européennes.

Combien coûte IRIS² ?

Le contrat de concession signé en décembre 2024 porte sur une période de 12 ans et représente un coût total annoncé d’environ 10,6 milliards d’euros.

Selon l’Agence spatiale européenne, son financement est réparti entre :

  • 6 milliards d’euros apportés par l’Union européenne sur plusieurs cadres financiers ;
  • 550 millions d’euros apportés par l’Agence spatiale européenne ;
  • plus de 4 milliards d’euros provenant du secteur privé.

IRIS² est donc un partenariat public-privé. L’Union européenne sera un client majeur du système pour les communications gouvernementales, tandis que les opérateurs pourront également commercialiser certaines capacités.

IRIS² sera-t-il accessible aux particuliers ?

La documentation européenne prévoit bien des services commerciaux à haut débit pour les entreprises et les citoyens, notamment dans les zones où les infrastructures terrestres sont indisponibles ou insuffisantes.

Cela ne signifie toutefois pas qu’un particulier français pourra acheter en 2029 une « antenne IRIS² » de la même manière qu’il peut aujourd’hui commander un kit Starlink.

À ce stade, aucun prix grand public, aucun terminal résidentiel et aucun abonnement commercial comparable aux forfaits Starlink actuellement proposés en France n’ont été annoncés.

Les services commerciaux seront fournis par les partenaires du programme et leurs modalités restent encore à définir.

IRIS² est-il le « Starlink européen » ?

Cette formule résume facilement le contexte concurrentiel, mais elle masque des différences importantes.

Starlink est déjà un réseau commercial mondial opérationnel, qui vend directement des abonnements aux particuliers, aux entreprises, aux opérateurs maritimes et aéronautiques ainsi qu’aux organisations publiques.

IRIS² est d’abord une infrastructure européenne de connectivité sécurisée. Les communications gouvernementales, militaires, diplomatiques, de sécurité civile et de gestion de crise font partie de ses missions principales.

Les deux systèmes pourront donc se retrouver en concurrence sur certains marchés professionnels ou commerciaux, sans pour autant proposer exactement le même modèle économique ni les mêmes priorités.

Pourquoi l’Europe veut sa propre constellation

La Commission européenne présente IRIS² comme un moyen d’améliorer la résilience des communications européennes. Les réseaux terrestres peuvent être interrompus par une catastrophe naturelle, une panne, un sabotage, une cyberattaque ou un conflit.

Une infrastructure satellitaire contrôlée par des acteurs européens doit permettre aux gouvernements et aux services essentiels de conserver des canaux de communication indépendants lorsque les infrastructures classiques ne sont plus disponibles.

L’objectif annoncé est également de réduire la dépendance de l’Europe envers des systèmes satellitaires contrôlés par des entreprises ou des États extérieurs à l’Union pour les communications jugées sensibles.

Eutelsat OneWeb servira de pont avant IRIS²

L’Europe ne part pas complètement de zéro. Eutelsat exploite déjà la constellation OneWeb en orbite basse, composée de plus de 600 satellites et destinée principalement aux entreprises, gouvernements, opérateurs télécoms, transports et communications professionnelles.

Eutelsat est précisément responsable du segment LEO d’IRIS² au sein de SpaceRISE. Son réseau OneWeb peut donc fournir des capacités existantes pendant la période de construction de la future constellation.

Les satellites OneWeb et les futurs satellites IRIS² restent néanmoins deux systèmes différents. Le fait qu’Eutelsat participe aux deux ne signifie pas que la constellation actuelle OneWeb sera simplement rebaptisée IRIS².

IRIS² pourrait aussi préparer le satellite directement vers le smartphone

L’Union européenne prévoit également que certaines entreprises et nouveaux acteurs travaillant sur IRIS² développent des capacités liées à l’Internet des objets et au Direct-to-Device, c’est-à-dire aux communications directes entre satellites et appareils mobiles.

Il s’agit cependant de capacités futures et non d’un service mobile IRIS² déjà annoncé pour les smartphones français.

Ce domaine est actuellement en pleine évolution : Starlink développe lui aussi ses technologies Direct-to-Cell et prépare une nouvelle génération de satellites destinés à augmenter fortement les performances directes vers les téléphones mobiles.

348 satellites contre des milliers pour Starlink : la comparaison a ses limites

Sur le seul nombre d’appareils, IRIS² restera beaucoup plus petit que Starlink. Mais le nombre de satellites ne suffit pas pour comparer deux systèmes.

IRIS² utilisera à la fois des satellites LEO et MEO et a été dimensionné autour d’objectifs de sécurité, de couverture et de capacité différents. Starlink repose sur une constellation LEO beaucoup plus nombreuse, pensée pour servir simultanément un très grand nombre de clients commerciaux.

Les satellites, fréquences, terminaux, architectures au sol et marchés visés sont différents. Présenter IRIS² comme une simple version européenne réduite de Starlink serait donc techniquement trompeur.

Ce que change l’annonce de septembre 2026

Le principal changement est que le calendrier industriel devient concret. Après la signature du contrat de concession en 2024 et la révision de l’architecture en août 2026, Airbus et Thales Alenia Space peuvent maintenant commencer à développer la première couche d’au moins 66 satellites LEO.

La constellation complète doit atteindre 348 satellites, avec les premiers lancements en 2029 et une montée en puissance progressive des services à partir de cette période.

Pour un utilisateur Starlink en France, cela ne change rien aujourd’hui : IRIS² n’est pas encore disponible et aucun abonnement résidentiel n’a été commercialisé. L’annonce marque surtout le passage d’un projet européen de souveraineté numérique à une phase concrète de construction industrielle.

Sources : Commission européenne, EU Space/EUSPA, Airbus Defence and Space et Agence spatiale européenne. Informations vérifiées au 30 septembre 2026. Les caractéristiques et calendriers d’IRIS² restent ceux annoncés par les institutions et industriels et pourront évoluer durant le développement.

StarlinkFrance.com est un site d’information indépendant. Il n’est ni affilié, ni partenaire, ni mandaté par SpaceX, Starlink, l’Union européenne, SpaceRISE, Eutelsat, SES, Hispasat, Airbus ou Thales Alenia Space.

Connexion coupée, débit en chute ou antenne hors ligne ? Consultez notre guide de dépannage : Starlink ne fonctionne pas.